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Art & architectureInterview

De la K-culture à l’art coréen : le chaekgeori s’invite au musée Guimet

La K-pop, les K-dramas et la K-food ont donné à beaucoup de personnes une première porte d’entrée vers la culture coréenne. Au musée Guimet, l’exposition Le savoir en trompe-l’œil prolonge cette curiosité en faisant découvrir un art coréen ancien : le chaekgeori. Rencontre avec Marie-Lise Lahaye, conservatrice des collections coréennes.

Marie-Lise Lahaye, conservatrice des collections coréennes du musée Guimet
PortraitMarie-Lise Lahaye, conservatrice des collections coréennes du musée Guimet

On peut découvrir la Corée par une chanson, une série ou un plat. Puis avoir envie d’en savoir davantage : sur son histoire, ses images et ses formes artistiques. C’est dans cet espace entre culture populaire et découverte artistique que s’inscrit l’exposition Le savoir en trompe-l’œil, présentée au musée Guimet.

Elle met à l’honneur le chaekgeori, un genre pictural coréen apparu à la fin du XVIIIᵉ siècle. Sur des paravents, livres, porcelaines et objets précieux composent des bibliothèques en trompe-l’œil. Ces étagères semblent s’ouvrir en profondeur, alors qu’elles sont peintes à plat : l’illusion transforme le savoir en spectacle visuel.

Une curiosité qui mène au-delà des tendances

Les succès internationaux de la K-pop, des K-dramas et de la K-food ont rendu la culture coréenne plus présente dans les conversations et les médias. Cette visibilité peut aussi susciter l’envie d’explorer des domaines moins connus, comme l’art coréen ancien. L’exposition du musée Guimet offre précisément cette possibilité : passer de la curiosité pour la Corée contemporaine à la découverte d’une histoire artistique riche.

Le chaekgeori témoigne aussi des échanges qui ont façonné l’art en Asie. Les artistes coréens ont découvert à Pékin des cabinets de curiosités chinois et des procédés de perspective venus d’Europe. Ils les ont réinterprétés pour créer une esthétique propre à la Corée de l’époque Joseon.

Des images qui racontent une société

Dans ces bibliothèques peintes, les objets ne sont pas de simples accessoires. Les livres évoquent l’étude ; les objets précieux, le goût de la collection ; leur disposition compose un univers rêvé. Le chaekgeori permet ainsi d’approcher les aspirations et les imaginaires d’une société à travers ses images.

En donnant à voir ces œuvres, le musée Guimet élargit le regard porté sur la culture coréenne. L’art asiatique ne se limite ni à une tradition lointaine ni aux tendances populaires du moment : il rassemble des créations, des influences et des histoires qui continuent de parler au public d’aujourd’hui.

Le savoir en trompe-l’œil. Corée, 18ᵉ-20ᵉ siècle est présenté au musée Guimet jusqu’au 4 janvier 2027.

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